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Suites, le cours

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 7. Étude de la convergence des suites géométriques

7.1. Théorème
Soit (un) une suite définie par : un=an (avec aR )

· Si a]1;+[ alors (un) est divergente (vers +)

· Si a=1 alors (un) est constante (donc convergente vers 1)

· Si a]1;1[ alors (un) est convergente vers 0

· Si a];1] alors (un) n'a pas de limite.

 

Démonstration : Nous allons utiliser le résultat suivant :

7.2. Lemme Inégalité de Bernoulli
Pour tout réel x positif et tout entier naturel n, on a : (1+x)n1+nx.

Remarque : on peut étendre cette inégalité à x]1,+[

Démonstration du lemme :
Soit xR+. On considère la propriété P(n) définie pour tout nNpar : P(n):(1+x)n1+nx
· On a P(0) puisque (1+x)01+0x pour tout xR(+).
·
Montrons que, pour tout nN:P(n)P(n+1)
Soit nN. Supposons P(n):(1+x)n1+nx
Comme x>0, on a aussi 1+x>0. En multipliant l'inégalité ci-dessus par (1+x), on obtient :
(1+x)n+1(1+nx)(1+x)

Or :(1+nx)(1+x)=1+x+nx+nx2=1+(n+1)x+nx2
Comme nx20, on a : (1+nx)(1+x)1+(n+1)x
D'où : (1+x)n+11+(n+1)x
Ce qui est P(n+1).
Bilan : on a P(0) et pour tout n de N:P(n)P(n+1)

Donc, pour tout n de N, on a : P(n):(1+x)n1+nx
Prouvons maintenant le théorème 7.1. :
· Supposons a]1;+[. Posons x=a1. Alors x]0;+[.
D'après l'inégalité de Bernoulli : an=(1+x)n1+nx
Or,limn+1+nx=+.
Par comparaison, on en déduit :limn+an=+
La suite (un) diverge donc vers +.
· Si a=1, le résultat est évident.
· Supposons maintenant a]1;1[.
Si a=0, le résultat est évident.
Si a0, posons : a=1|a|
Ainsi : a]1;+[
D'après le résultat précédent :limn+(a)n=+

Par passage à l'inverse, nous obtenons : limn+|a|n=0
D'où : limn+an=0
La suite (un) converge donc vers 0.
· Supposons a];1].
Raisonnons par l'absurde : supposons que la suite (an) converge vers un certain entier l.

Soit I=]l2;3l2[ est un intervalle ouvert centré en l. D'après notre hypothèse, il existe un rang N à partir duquel, on aura : anI
Autrement dit :l/2<an<0, d'où : 0<(3l/2)
Et si n est impair alors an<0 d'où :l/2<0
soit l<0
D'où une contradiction. Donc la suite (an) diverge.
Exemple 1:·
Étudier la limite de la suite (un) définie par :un=(2+n)n
On sait que pour tout nN,ona:(2+n)n2n.

Or,limn+2n=+(théorème 7.1.), donc la suite (un) diverge vers +.
Exemple 2 :
Soit (un) la suite définie pour nN par :un=1+13+(13)2++(13)n=nk=0(13)k

Chaque terme de la suite (un) est la somme des (n+1) termes d'une suite géométrique de raison q=l3 et de premier terme P=1. On a donc :
un=1raison  Nombre de termes 1raison × Premier terme 
On obtient donc
un=1(13)n+1113×1=32×(1(13)n+1)
Or limn+(13)n=0 (théorème 7.1.) donc : limn+un=32.

Soit e le nombre vu dans l'application 6.7 et (un) la suite définie pour n1 par un=nk=1ek

On a :nk=1ek=1(1e)n11e=1(1e)ne1 Mais comme 0<1e<1 on déduit limn+(1e)n=0 (théorème 7.1.) . On peut donc conclure limn+nk=1ek=1e1

7.3. Généralisation : limite de la somme des termes d'une suite géométrique :
Soit qin]1;+[. Alors : limn+sum(k=0)nqk=(+textsiq>1),(1/(1q)textsi|q|<1):

Pour le démontrer, il suffit d'écrire que : sum(k=0)nqk=(1q(n+1))/(1q)
puis d'utiliser le théorème 7.1.
Exercice : démontrer que pour tout entier naturel a non nul et tout réel x de [0;1[ :
limn+np=0(xa)p=11+xa

Solution : on a une somme de termes consécutifs d'une suite géométrique de raison xa:
Donc np=0(xa)p=1(xa)n+11(xa)=1(xa)n+11+xa

Or xa]1;1[ donc :limn+(xa)(n+1)=0 puis on a :limn+np=0(xa)p=11+xa

8. Étude des suites arithmético-géométriques (ou récurrentes linéaires d'ordre 1)

Il s'agit des suites récurrentes définies par : {u0un+1=aun+ba,bR.
On constate que si b=0, la suite (un) est géométrique de raison a ;

si a=1, la suite (un) est arithmétique de raison b.

Et si a=0, la suite (un) est stationnaire (à partir du rang 1) égale à b.
Dans la suite, on suppose a1.
L'objectif est de déterminer une formule explicite (expression de un en fonction de n) afin, notamment,
d'étudier le comportement asymptotique de la suite (un).
L'idée de la démarche qui suit est la suivante : si (un) et (wn) sont deux suites qui vérifient un+1=aun+b et wn+1=awn+b alors leur différence vn est une suite géométrique de raison a.
En effet, pour tout n, on a :vn+1=un+1wn+1=aun+bawnb=a(unwn)=avn
Il suffit donc de chercher une suite (wn) la plus simple possible vérifiant la relation w(n+1)=awn+b. Inutile de chercher bien loin : supposons (wn) constante. Notons β
cette constante. On a alors :a=aβ+b.

Comme a1, il vient : β=b1a

En conséquence, la suite (vn) définie par vn=unβ, où β=b1a, est géométrique de raison a.
On en déduit que pour tout n:vn=v0an=(u0β)an
D'où : un=(u0β)an+a

Comme, on connaît le comportement asymptotique des suites géométriques (an), on en déduit celui de (un) :
· Si u0=a alors (un) est constante égale à a.
· Si (a]1;1[ et u0β ), alors (un) converge vers β.
· Si (a>1 et u0β), alors (un) diverge vers + (si u0>β) ou (si u0<β).
· Si (a1 et u0β), alors (un) diverge.

Exemple de mise en oeuvre :

On considère la suite (un) définie par :
{u0=5un+1=2un3
Exprimer un en fonction de n.
On cherche β tel que : β=2β3, donc β=3.
On peut donc écrire : {un+1=2un3β=2β3
En retranchant membre à membre : un+1β=2(unβ)

La suite (vn) définie par vn=unβ est donc géométrique de raison q=2 ; son terme initial est v0=u0β=2.

On a donc, pour tout entier n:vn=qnv0=2n+1.
Et finalement : un=vn+α=2n+1+3.
(On pouvait aussi démontrer ce résultat par récurrence après l'avoir conjecturé) .

 

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